Rencontre avec U Win Myo Thu, brillant et énergique directeur d’Ecodev

Ecodev est l’une des plateformes écologiques les plus importantes en Birmanie. Présente depuis 1994 et enregistrée auprès des autorités depuis 1999, elle a le soutien des Nations Unies et diverses organisations internationales dont la Commission Européenne. Son bureau principal est situé à Rangoon, et est composé d’un staff permanent de 30 jeunes dynamiques et impliqués. 5 autres bureaux sont répartis à travers le pays, dans le Kachin state, la Dry Zone, Shan State, Rakhaing State, où ils coordonnent au plus près leurs 15 projets de terrain. Ces derniers sont organisés autour de quatre piliers d’action : 1) la création de partenariats et réseau stratégique et 2) le soutien de business responsables, qui permettent de financer 3) le renforcement de la société civile ainsi que des 4) actions de protection de l’environnement.

 

L’objectif d’Ecodev en Birmanie est de faire de l’environnement une priorité pour les politiques à venir. L’idée d’un développement durable, éventuel point de rencontre entre l’écologie, l’économie et le social n’est plus suffisant. Il faut placer le développement durable en tête de ces trois sphères, de façon à en faire découler une feuille de route pour les politiques écologiques, économiques et sociales.

 

Pourtant, parler de la création d’un parti politique vert en Birmanie semble trop précoce. U Win Myo Thu, énergique et brillant directeur d’Ecodev, a insisté sur la nécessité de renforcer la formation de la société civile birmane actuelle. Aujourd’hui en Birmanie, les jeunes mobilisés chez Ecodev sont pour la plupart des birmans ayant étudié jusqu’au niveau Bachelor (Licence) en Birmanie, avant de poursuivre leur Master dans des universités à l’étranger. Les aspects techniques du développement durable leur sont parfaitement familiers, mais il déplore leur manque de prise de distance vis-à-vis de ces concepts, ce qui est pourtant nécessaire à la construction d’un programme d’action pour l’avenir du pays. U Win Myo Thu, qui se voit comme une figure impartiale pouvant à la fois informer et former la société civile sur l’environnement et le développement, veut donc surtout rester dans la société civile. “Shaker” plutôt que “Driver”, il veut faire bouger les choses et les idées pour former les jeunes et convaincre les leaders.

 

Une rencontre très enrichissante et motivante, qui nous a permis de mieux appréhender les dynamiques et subtilités du mouvement écologique birman.