Quelles sont les propositions du Dalai Lama ?

Depuis sa fuite du Tibet en 1959, le Dalai Lama a demandé aux nations unies de mettre à l’ordre du jour la question du Tibet, sur la base de son indépendance avant l’invasion chinoise. Depuis 1980, suite à des propositions de dialogue par Deng Xiaoping, il propose une autonomie réelle du Tibet au sein de la Chine. Les Tibétains auraient la maîtrise de l’éducation, la religion, la culture et l’économie, alors que les relations étrangères et la défense militaire seraient sous la dépendance des autorités chinoises. Il propose de démissionner à son retour au Tibet (il est en effet le chef temporel du Gouvernement en exil tibétain), en faveur d’un gouvernement démocratiquement élu. Cette transition démocratique est fortement préparée au sein de la communauté des Tibétains en exil. Le Parlement est en effet démocratiquement élu et une campagne électorale est d’ailleurs actuellement en cours.

Jusqu’à présent, les autorités chinoises n’ont pas encore accepté d’engager de négociations.

Autonomie, et non indépendance !

Le Dalaï Lama a de nouveau lancé le 19 oct. 1999 à Milan un appel en faveur de l’autonomie du Tibet, tout en soulignant que la « non violence » et la négociation avec Pékin constituaient la seule issue pour résoudre le problème.

« Les Tibétains sont plongés dans la souffrance, et le gouvernement chinois est embarrassé par la situation (…) Mon but est de résoudre le problème par le dialogue », a déclaré le dirigeant spirituel tibétain lors d’une conférence de presse. Il a renouvelé son appel en faveur d’un Tibet autonome, tout en soulignant que « les bonnes relations avec la Chine étaient cruciales ». Mais, a-t-il ajouté, il faut rester « ferme » sur des questions telles que « les droits de l’homme, la démocratie et la liberté ». « Grâce au principe de non violence, de plus en plus de Chinois soutiennent la cause tibétaine ».

 

A l’occasion du Congrès du N.D.P.T. (National Democratic Party of Tibet) : 7/5/00

Le Dalai Lama, après avoir posé quelques questions aux membres présents, leur recommanda de s’orienter vers un système qui se préoccuperait avant tout du bien-être de la population et de rejeter toute forme de capitalisme.

Sa Sainteté s’exprima longuement :

“Le Tibet doit être régi par un système de pure démocratie. Notre actuel gouvernement en exil va d’ailleurs en ce sens, mais une véritable démocratie doit comporter plusieurs partis politiques et des oppositions (…) On m’a récemment rapporté que les Chinois disent que le Dalai Lama se fait vieux et qu’il souffre d’un cancer (rire) et que sa lutte s’arrêtera avec lui… Notre lutte n’est pas basée sur l’action d’une seule génération et je compte bien vivre au-delà des 90 ans ! De mon vivant, des changements devraient s’opérer en Chine, mais si cela n’était toutefois pas le cas, les générations de Tibétains à venir continueront notre action (…)

En Chine, l’économie se développe considérablement et de ce fait les Chinois vont découvrir le sens de la démocratie et ultérieurement la demander. Les dirigeants chinois développent leurs relations avec les gouvernements étrangers pour des raisons économiques et commerciales.

Cependant ils ignorent et rejettent les avertissements et les opinions politiques de ces pays avec lesquels ils traitent des marchés… Cela ils ne pourront le faire bien longtemps ! Notre lutte aura un jour des résultats positifs. Ne vous laissez donc jamais décourager dans votre action !” (*)

Kunga Tsering, le vice-président du NDPT nouvellement élu, rappelle brièvement le but de son parti :

“Notre action consiste en tout premier lieu à éduquer les Tibétains en leur apprenant les différents systèmes politiques. Notre tâche n’est pas toujours aisée ! Mais les jeunes générations de Tibétains sont fortement intéressées et attirées par un système démocratique et par tout ce qui touche à la politique. Le NDPT est pour l’heure le seul parti politique tibétain; nous espérons en voir naître d’autres dans l’avenir. Lourde est notre responsabilité, car c’est à nous d’établir ce système pluraliste comme nous y convie Sa Sainteté le Dalai Lama…”