Rencontre Dalai-Lama / Barack Obama : la cause tibétaine progresse !

15/02/2010 | Posted in Blog Tibet | By

Communiqué du CREDDA

15 février 2010

Le CREDDA (Centre de ressources pour le développement durable en Asie) se félicite de la rencontre entre le président des Etats-Unis, Barack Obama, et Tenzin Gyatso, 14ème Dalaï Lama.

Depuis le soulèvement de mars 2008, une répression implacable s’est abattue sur le Tibet, fermé aux contacts et communications internationaux.

La peine de mort a été prononcée contre des manifestants, d’autres ont été condamnés à de lourdes peines d’enfermement, tandis que l’on compte les disparus par dizaines.

Pourtant, comme l’avait affirmé le Dalaï Lama lors de l’audience qu’il a accordée le 6 juin dernier à plusieurs d’entre nous, conduite par Jean-Marc Brulé, président du CREDDA, et accompagné notamment de José Bové, député européen, les autorités tibétaines en exil ont multiplié les signes d’apaisement.

Lors des derniers entretiens bilatéraux conduits avec des représentants du gouvernement central de Pékin en janvier, ils ont réaffirmé qu’ils entendent construire une solution politique pour la Tibet dans le cadre constitutionnel de la République populaire de Chine, sans même réclamer de droits particuliers pour eux-mêmes.

Le droit à l’autonomie demandé par les Tibétains, dans le cadre chinois, serait ainsi bien en retrait du « un seul pays, deux systèmes » qui a cours à Hong-Kong ou à Macao.

Malgré cela, les autorités de Pékin restent inflexibles, et refusent toute avancée.
Seule la pression internationale peut aujourd’hui permettre que le dossier de l’autonomie du Tibet reste à l’agenda de Pékin.

Il en va de l’intérêt de la paix en Extrême-Orient. Paix pour les Tibétains eux-mêmes, en laissant ouverte la possibilité d’un règlement diplomatique du dossier, sans avoir recours à la violence. Paix pour la Chine elle-même, tant la question de Taïwan est dépendante de la façon dont Pékin respectera ses propres périphéries, Tibet, mais aussi Xinjiang ou Mongolie intérieure. Si la répression se renforce sur ces provinces, comme c’est le cas aujourd’hui, alors il ne reste aux autorités de Taïwan que la voie de la force pour éviter de connaître un sort équivalent : l’actuelle course aux armements dans le détroit de Formose n’est une bonne nouvelle pour personne.

Le CREDDA espère que les deux prix Nobel de la Paix, Barack Obama et Tenzin Gyatso, sauront trouver les voies et les moyens de convaincre Pékin d’entreprendre une politique d’apaisement dans sa propre périphérie, et de répondre positivement au Memorendum proposé par les autorités tibétaines, pour le bien de tous les peuples qui, de Taipeh à Lhassa, de Pékin à Urumqi, sont amenés par la géographie et l’histoire à avoir un destin lié.

 

En lien avec le parti des Verts et le nouveau mouvement Europe Ecologie, nous lancerons une association des élus et des militants écologistes pour le Tibet ce 27 février à 19h dans la ville de Troyes (10).

 

Nous serons également partie prenante des manifestations du 10 mars pour un Tibet libre.

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Soutien au peuple tibétain par les conseils municipaux

20/03/2008 | Posted in Blog Tibet | By

Le texte ci-dessous est destiné à être personnalisé et proposé au vote dans vos conseils municipaux, pour marquer le soutien de votre commune au peuple tibétain, manifesté en érigeant un drapeau tibétain au fronton de votre mairie.

 

Le Conseil Municipal de (ville) exprime ses plus vives inquiétudes vis-à-vis de la situation actuelle au Tibet. Il souhaite que celle-ci permette d’aborder enfin de façon franche le désarroi dans lequel se trouve le peuple tibétain depuis 1949, date de la première invasion du Tibet par l’armée chinoise. Depuis ce temps, les Tibétains ont subi toutes sortes d’exactions, jusqu’à subir au total un génocide de plus d’un million de personnes sur une population de 5 millions d’habitants.

 

Au moment où la Chine – à la veille des JO de Pékin – a fait le pari insensé de cacher la réalité du Tibet (une situation de simple colonisation et d’oppression), les chars du régime chinois y sont déployés, et les militaires et les policiers tirent à balles réelles sur des moines et des manifestants non-violents.

 

Le Gouvernement français et les autorités européennes doivent exiger la fin immédiate des massacres, la libération des prisonniers sous contrôle international.

Le Gouvernement français et les autorités européennes doivent militer énergiquement pour l’instauration d’un dialogue réel sur l’autonomie tibétaine avec le Dalaï-Lama et le gouvernement tibétain en exil, afin de faire comprendre au régime chinois qu’il est dans son intérêt de satisfaire les revendications modestes du peuple tibétain.

La révolte gronde, à tous les coins de la Chine : Xinkiang et pays Ouïghour, Mandchourie, Hong-Kong, Taiwan, démocrates chinois, chômeurs des périphéries de villes… Agir en faveur du Tibet est un moyen d’apaiser les tensions internes !

 

C’est en ce sens que doivent aussi agir les collectivités territoriales françaises et européennes, afin de donner l’exemple. Voilà pourquoi, en signe d’émotion et de soutien, le drapeau tibétain doit flotter sur les édifices publics français, comme c’est le cas dans beaucoup de villes, de Calais à Gap, en passant par Saint-Brieuc et Montluçon.

Voilà pourquoi notre ville se joint à ce mouvement, en appelant les collectivités voisines à faire de même.

Soyons une petite goutte dans ce fleuve et aidons à renverser l’injustice et l’indifférence.

 

Nous appelons enfin tous les habitants à signer les différentes pétitions d’appel à la solidarité portées par les associations en faveur du peuple tibétain.

 

Pour la ville de (…),

(…), Maire,

 

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Interview de Dominique Voynet, candidate des Verts à l’élection présidentielle

10/03/2007 | Posted in Blog Tibet | By

Madame Voynet, vous êtes candidate à l’élection présidentielle, merci d’avoir pris le temps de rencontrer le CREDDA et de répondre à nos questions.

 

1) Considérez-vous que le Tibet fût un pays indépendant avant l’invasion chinoise en 1959 ? Soutenez-vous l’idée qu’il devrait l’être  aujourd’hui ?

Le Tibet a tissé, de longue date, des liens spécifiques avec l’Empire chinois, que l’on pourrait qualifier de protectorat. Il est évident qu’à partir de la chute du système impérial, remplacé par un régime républicain qui n’a pas su rétablir l’Etat sur l’ensemble du territoire chinois, le Tibet a vécu en quasi-indépendance. Cependant, il ne me semble pas que ce point d’histoire, qui porte à débat, soit essentiel pour comprendre la situation du Tibet. Un peuple se constitue en nation à partir de processus complexes, qui ne sont pas toujours basés sur un héritage institutionnel historique. Force est de constater que le peuple tibétain, après des décennies de lutte non-violente, s’appuyant sur une culture originale, avec une langue, une religion majoritaire, qui la différencie grandement du peuple han, forme de toute évidence une nation. Je suis évidemment favorable à la souveraineté nationale, et je souhaite que les Tibétains décident eux-mêmes de leur avenir.

 

2) Etes-vous oui ou non favorable à la levée de l’embargo de vente d’armes vers la Chine ? Si vous êtes élu(e) quelle position adoptera la France sur cette question ?

Globalement, je souhaite que la France cesse d’exporter des armes, si ce n’est dans un commerce à l’intérieur de l’Union européenne, ou généralement avec des pays démocratiques avec qui nous aurions des accords réciproques de défense.

Dans les autres cas, le commerce des armes me semble parfaitement immoral, et je suis favorable à ce que nous étendions un embargo à l’ensemble des pays non démocratiques, à l’exemple de la Chine populaire.

 

3) Si vous êtes élu(e), recevrez vous officiellement le Dalaï Lama en tant que chef d’Etat en exil ou le premier ministre du gouvernement Tibétain en exil ? Etes-vous prêt(e) à aller les rencontrer en Inde ?

J’ai rencontré le Dalaï Lama en septembre 2000, alors que j’étais ministre de l’aménagement du territoire et de l’environnement. Je sais, pour en avoir parlé longuement avec lui, que les institutions représentatives du peuple tibétain siégeant à Dharamsala sont démocratiques, et exemplaires pour un peuple en lutte contre un phénomène colonial. Le gouvernement de Dharamsala représente donc légitimement le peuple tibétain, et je pense qu’il serait à l’honneur de notre pays de recevoir officiellement le Dalaï Lama et les membres du gouvernement tibétain avec les égards dus à leur rang, et non en catimini comme c’est le cas actuellement. Des représentants du parlement français se sont dernièrement rendus à Dharamsala : je pense qu’il est temps que le gouvernement français montre, au travers d’une telle visite, qu’il est attaché à l’autodétermination du peuple tibétain.

 

4) Si vous êtes élu(e), seriez-vous prêt(e) à reconnaître officiellement le gouvernement tibétain en Exil comme le suggère la recommandation du Parlement Européen du 6 juillet  2000, aucun accord n’ayant été signé, aucune négociation n’ayant eu lieu entre le gouvernement tibétain en exil et le gouvernement Chinois depuis cette date (on n’a assisté simplement jusqu’ici à des prises de contacts ponctuelles entre la Chine et des représentants du Dalaï Lama, et non le gouvernement tibétain en exil)  ?

Les institutions de Dharamsala sont, sans aucun doute dans mon esprit, représentatives du peuple tibétain. Il convient, alors que l’actuel Dalaï Lama exprime sa volonté d’une retraite paisible, et méritée, que nous agissions dans les mois à venir pour asseoir le gouvernement en exil comme interlocuteur légitime et internationalement reconnu.

 

5) Si vous êtes élu(e), soutiendriez-vous une loi visant à sanctionner l’importation de produits manifestement fabriqués dans des laogaïs (camps de travail chinois) ou des prisons chinoises ? Soutiendriez-vous une action européenne visant à interdire l’importation des produits fabriqués dans les laogaïs et prisons chinoises?

La communauté internationale a fait une erreur lourde de conséquences pour l’avenir en admettant la Chine populaire à l’OMC sans exiger d’elle le simple respect des droits les plus élémentaires des travailleurs, comme le droit au syndicalisme par exemple. Le travail des enfants me révolte tout autant que le système des bagnes en Chine populaire. C’est globalement qu’il faut agir pour exiger de la Chine populaire le respect des droits humains ; la méthode que vous proposez est intéressante, et doit faire partie d’un panel d’actions pour que, globalement, les Chinois aient accès à des droits sociaux et démocratiques.

 

6) Si vous êtes élu(e), abrogeriez-vous le traité franco-chinois d’extradition signé en 2007, car même si les infractions politiques et d’opinion ainsi que les cas où la peine de mort serait encourue en sont exclus, le système judiciaire chinois n’offre aucune garantie en matière de Droits de l’Homme ? Quelles dispositions concrètes comptez-vous prendre pour que la France n’extrade aucun chinois classé par Pékin comme dissident ?

Je pense qu’il convient de juger au cas par cas. Il y a une différence à faire entre un citoyen chinois qui est recherché par la justice de Pékin pour un crime de toute évidence de droit commun, et celui dont le cas porte à discussion. Je suis, globalement, pour que la France ait une politique généreuse d’accueil des réfugiés, de toutes celles et de tous ceux qui sont opprimés dans leur propre pays. Dans mon esprit, il n’est pas question d’extradition pour ces personnes-là !

 

7) Si vous êtes élu(e), vous engageriez-vous à prendre des sanctions (arrêts de subventions, d’exonérations) contre les entreprises françaises qui participeraient en collaboration avec le gouvernement chinois à des projets menaçant directement la liberté, la culture ou l’environnement du Tibet ?

Oui. Mais aussi contre les entreprises qui exportent des centrales nucléaires, ou qui participent à la destruction de l’environnement en Chine même.

 

8) Quelles mesures concrètes, à l’échelle nationale, européenne et internationale, proposez-vous pour régler durablement le conflit sino-tibétain ?

Il n’y aura de règlement global que par la reconnaissance mutuelle des droits : droits du peuple tibétain à décider souverainement de son avenir, droits de la Chine à assurer sa propre sécurité dans ses frontières. L’autonomie du Tibet dans le cadre de la Chine, telle que défendue par le Dalaï Lama, me permet être un compromis acceptable pour tous. Malheureusement, on ne peut exiger de la Chine un tel compromis, dont on ne voit pas pourquoi il ne serait pas étendu à d’autres parties de ce pays, sans qu’en retour la Chine se voit reconnaître sa souveraineté sur Taïwan. Or, le contrôle du détroit de Formose est en enjeu géostratégique de 1ère ampleur, qui dépasse largement la question du Tibet.

En tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, je pense qu’il serait bon que la France prenne l’initiative d’une conférence internationale sur la question, basée sur la reconnaissance de la souveraineté de Pékin sur toute la Chine historique, en contrepartie de statuts spécifiques pour les régions périphériques.

L’autre voie, ainsi que je l’ai déjà exprimée, consiste à espérer que la Chine populaire s’ouvre à la démocratie, permettant un règlement pacifique de la question du Tibet, comme c’est le cas dans toutes les démocraties avancées.

 

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La situation au Tibet

10/12/2006 | Posted in Blog Tibet | By

Cette note présentant la situation au Tibet est envoyée aux candidatEs à l’élection présidentielle, assortie d’un questionnaire et d’une proposition de rendez-vous avec le CREDDA.

Occupé et colonisé par les forces chinoises, le peuple tibétain n’a pu s’engager sur son sol vers le progrès. Si, avant 1949, le féodalisme prévalait, ce système n’était ni meilleur ni pire que celui qui régnait alors dans les zones rurales chinoises ou qui se perpétue sous des formes diverses dans le sous-continent indien. Pourtant, avant l’invasion, le Tibet commençait à changer par lui-même.

Or, en imposant non seulement un système idéologique mais aussi une colonisation de peuplement (les Tibétains sont aujourd’hui minoritaires sur leur propre sol) les Chinois ont opéré une acculturation sans précédent. Admettre comme progrès les contraintes imposées par la Chine, c’est donner corps au dogme colonial qui, de tous temps, dit apporter la civilisation à des peuples “ arriérés ” pour mieux imposer une domination économique, sociale, politique. Rappelons que, selon le rapport de la Commission Internationale des Juristes (CIJ, Genève, Déc. 97) : LES TIBETAINS SONT UN PEUPLE SOUS DOMINATION ETRANGERE

Sous l’épreuve de l’occupation chinoise, la Résistance intérieure comme les Tibétains en exil ont cependant pu suivre leur voie vers le progrès, aussi loin du système collectiviste policier chinois que du libéralisme effréné. Ainsi, comme peuvent le constater les nombreux visiteurs, les relations économiques au sein de la petite communauté en exil sont marquées par la solidarité, tandis que la Constitution élaborée par le Parlement correspond à celle d’une monarchie parlementaire occidentale, où le Dalaï-Lama n’a guère plus de pouvoirs que la Reine des Pays-Bas. Le multipartisme est la règle à Dharamsala, capitale d’exil des Tibétains.

Tandis que la Chine a transformé le Tibet en vaste poubelle pour ses déchets nucléaires, faisant courir des risques immenses à l’ensemble du continent asiatique (les grands fleuves – Yang Tsé Kiang, Mékong, Brahmapoutre… – y prenant leurs sources) la communauté tibétaine en exil considère l’écologie comme un enjeu de tous les instants. Sans doute la philosophie bouddhiste les y aide beaucoup. Tous les projets pour un Tibet libéré font référence à ce propos de Jean-Yves Cousteau : “ on ne lègue pas la Terre à nos enfants mais on la leur emprunte ”.

Cette occupation n’est pas uniquement un ethnocide, elle est un génocide (1 million de Tibétains sur 6 millions sont morts de l’occupation chinoise).

Au Tibet, il y a encore des campagnes de stérilisation forcées destinées aux Tibétaines. Bien que les minorités aient le droit en Chine d’avoir 2 enfants, les Tibétaines doivent donner le bon exemple. Si elles dérogent à la règle de limitation des naissances, elles doivent payer une amende astronomique pour un pays sous-développé comme le Tibet. Les enfants en sus ne sont pas enregistrés et ne peuvent obtenir d’éducation. Le taux de mortalité des enfants tibétains est 3 fois celui de la Chine; il y a un grave problème de malnutrition infantile.

Sans doute si la voie de la violence, des attentats aveugles, avait été choisie, la cause du Tibet aurait été prise avec plus de considération. Mais tel n’est pas le cas, et, comme en Birmanie, le pari qui a été fait est celui de la force d’un peuple, face à celle, brutale et cruelle, de la dictature.

Car les Tibétains savent de toutes façons qu’ils devront vivre avec la Chine, immense pays voisin avec lesquels des liens historiques complexes ont de tous temps été établis. C’est pourquoi leur revendication majoritaire n’est pas l’indépendance, mais l’autonomie dans le cadre chinois, et la transformation du Tibet en vaste zone démilitarisée, dénucléarisée, gage de pacification dans une région du monde où trois puissances nucléaires – Chine, Inde, Pakistan – sont en conflit larvé depuis cinquante ans.

Malgré cela, la Chine continue – et amplifie – son oeuvre de colonisation. Lhassa, la capitale historique du Tibet, a été transformée en ville chinoise, où les “ quartiers chauds ” (prostitution, karaokés…) remplacent les anciens lieux de recueillement. L’étude de la langue tibétaine est restreinte aux premières années du primaire – quand des enseignants sont disponibles – mais son usage est proscrit dans l’administration et, plus généralement, dans toutes les relations sociales. La pratique de leur foi par les Tibétains – partie intégrante, sinon primordiale, de leur identité – est de plus en plus contrôlée: si un adoucissement avait été perçu après la “ révolution culturelle ” (pendant laquelle la quasi-totalité des monastères avait été détruite), les autorités chinoises cherchent à nouveau à limiter la liberté religieuse, en particulier en imposant des séances de « rééducation » aux moines et aux nonnes, quand ces derniers ne sont pas purement et simplement emprisonnés. Ainsi, le jeune “ Panchen Lama ”, âgé de 11 ans (plus jeune prisonnier politique du monde) est-il en prison depuis maintenant cinq ans…

RÉPRESSION DE MASSE…

La récente fuite du Tibet du Karmapa âgé de 14 ans illustre, si cela était encore nécessaire l’absence de liberté au Tibet.

En effet, selon le Centre tibétain pour les droits de l’homme et la démocratie (TCHRD), près de 1500 religieux ont été expulsés de leurs monastères sur ordre des autorités chinoises en 99 parce qu’ils refusaient de « dénoncer » le Dalaï Lama. Depuis 96, la campagne « frapper fort » de « rééducation » a mené à l’expulsion d’au moins 11 409 religieux et à l’emprisonnement d’au moins 541 d’entre eux. En 99, le TCHRD fait état de 615 prisonniers politiques dont 162 femmes, et 62 condamnées à plus de 10 ans d’emprisonnement. Une nonne, N Sangdrol a été condamnée à une peine totale de 21 ans ! Un musicologue, N Choephel, a été condamné à 18 ans, un Professeur âgé de 72 ans a été condamné à 28 ans.

La torture systématique des prisonniers politiques a conduit à la mort d’au moins 10 d’entre eux cette année. Depuis que la Chine a signé la Convention contre la torture, 69 Tibétains sont morts conséquemment à des tortures.

Il est interdit de détenir un portrait du Dalaï-Lama. Les moines et nonnes doivent dénoncer par écrit le Dalaï-Lama au cours de séances intensives de rééducation. En 1997, le bouddhisme a été qualifié de « culture étrangère ».

Les manifestations sont systématiquement dispersées et violemment réprimées. Les participants sont généralement voués à la rééducation politique par le travail forcé, et des condamnations à mort sont prononcées, sans procédure régulière. La torture des détenus reste fréquente

Chaque année, en hiver, lorsque les gardes frontière relâchent leur surveillance parce que les conditions climatiques deviennent extrêmement rudes, des Tibétains tentent de fuir leur propre pays vers le Népal et l’Inde. Cette année encore, au moins 3.000 Tibétains ont fui le Tibet. Un tiers sont des enfants de moins de 18 ans recherchant une éducation en exil. De nombreux exilés doivent faire l’objet de soins immédiats, et subissent fréquemment des amputations. Un grand nombre meurt en cours de route.

 

Le temps ne joue pas en faveur des Tibétains…

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Les Tibétains : un peuple écologiste et démocrate !

09/04/2006 | Posted in Blog Tibet | By

Par Jean-Marc Brûlé

Les raisons de faire du Tibet un pays-phare en termes de solidarité internationale sont nombreuses. La première, chronologiquement, tient au retard inouï à rattraper, vu notre ignorance vertigineuse sur le sujet. En effet, depuis des décennies, le peuple de gauche et même d’ailleurs s’est fait totalement posséder par la propagande chinoise, prenant le Tibet pour une « contrée arriérée et féodale, heureusement libérée de l’obscurantisme de la Chine de Mao »… Depuis, on en sait un peu plus sur la réalité du régime chinois, sur ses mensonges, sa bêtise et sa cruauté.

Mais en sait-on plus sur la civilisation tibétaine et sur la démarche très positive que son peuple choisit dans sa lutte, connait-on l’évolution historique qu’il vit et le modèle de société qu’il propose ?

 

Quelques faits simples:

Depuis 1950, date de l’invasion par l’armée chinoise: génocide humain et culturel, 1,2 million de morts – sur une population de 7 millions ! -, destruction de la quasi-totalité des 6000 temples et monastères, répression permanente contre tout geste de travers… La colonisation est passée à la vitesse supérieure, avec maintenant huit millions d’expatriés chinois installés en maîtres dans tout le grand Tibet, faisant régner la corruption, le matérialisme et la sous-culture de masse. A Lhassa la capitale, où les Tibétains ne sont plus qu’un tiers, les karaokés et la prostitution pullulent au pied du Potala. Le pouvoir chinois applique aux Tibétains le même contrôle des naissances qu’en Chine, avec stérilisations et avortements forcés, ce qui permet d’accélérer la disparition de ce peuple. Écraser le peuple, piller la nature, ce sont les rudiments du colonialisme qu’appliquent avec zèle les bureaucrates de Pékin: …déboisement massif du plateau tibétain, avec cinquante camions par heure qui emmènent les arbres vers Shanghai et Canton, créant érosion et engorgement des fleuves, comme le Brahmapoutre, dont les crues récentes ont tué des milliers de personnes au Bengladesh, ceci ‘expliquant cela…. Le Toit du Monde est aussi le Mururoa chinois en pire, avec 500.000 soldats, cinq bases de missiles nucléaires et des essais souterrains. Quant aux trente cinq habitants du village de Tewe morts en 1993 d’avoir bu de l’eau contaminée par une mine d’uranium, pour eux ce fut hélas Tchernobyl…

Mais que peut la pauvre idéologie maoïste, à la sauce capitaliste, face à l’extraordinaire vitalité de la culture tibétaine et au courage des six millions de laïcs et moines, paysans ou nonnes ? Le peuple tibétain continue à ne faire qu’un dans la foi et la souffrance, et préférera disparaître plutôt que d’accepter la sinisation forcée. Le Tibet est un pays spirituel et veut le rester: depuis des siècles, les Tibétains se contentent d’une autosuffisance agricole, préférant développer leur connaissance de l’être, de la conscience, de la nature, ainsi qu’une aptitude à la sagesse et au bonheur. Curieusement, ce peuple a profité de son martyre pour marier tradition et modernité, et s’ouvrir généreusement aux sciences et à la démocratie.

C’est surtout vrai à Dharamsala, véritable modèle réduit de ce que pourrait être le Tibet libéré. Ce village des montagnes du Nord de l’Inde, où le Dalaï-Lama et des milliers de Tibétains en exil ont trouvé refuge en 1959, est un havre de paix et de culture, et un passage obligé sur la Route des Voyageurs. Toutes les valeurs humaines y sont représentées; la générosité avec les centres d’accueil pour réfugiés et le Tibetan Children Village pour les orphelins, la démocratie avec le Parlement en exil et le Bureau d’Information, la spiritualité avec de nombreux monastères et écoles, le progrès avec des hôpitaux modernes et un artisanat florissant… C’est en exil et en rencontrant l’Occident (c’est dur à accepter mais c’est comme ça !…) que la société tibétaine s’est modernisée, découvrant la démocratie, le sens de l’individu, les services publics, les réformes, les sciences… Sait-on qu’on enseigne aussi le marxisme dans les écoles tibétaines en exil ?

Entre méditation et droit de vote, les Tibétains ont prouvé que le bouddhisme tantrique des Lamas – pourtant particulièrement ésotérique et coloré ! – était une religion vivante et tolérante. Tout cela est en partie dû au Dalaï-Lama, personnage ouvert et moderne, missionnaire ardent de la démocratie et de la vérité, qui a su ouvrir son peuple sur le monde. Son combat: obtenir au moins l’autonomie pour le Tibet et en faire « une zone de paix, un sanctuaire dans lequel l’humanité et la nature pourraient vivre ensemble en harmonie ». Son arme : le Satyagraha, ou encore la Force de la Vérité, la stratégie de non-violence radicale déjà initiée par Ghandi et dont les modalités pratiques sont résistance passive et désobéissance civile.

 

Maintenant, quelques réflexions:

– Le Tibet libéré s’orienterait vers une voie sociale, démocratique et écologiste (et, bien sûr, bouddhiste). C’est écrit dans toutes les déclarations, ça se vit au quotidien… Face à un peuple réellement progressiste, nous avons le futur pays le plus dangereux du monde : le plus pollueur, l’un des plus militarisés, associant dictature « communiste » et sauvagerie capitaliste.

– la voie tibétaine (comme la voie du mouvement démocratique en Birmanie avec Aung San Suu Kyi) constitue une alternative exemplaire à la course folle que mènent les pays asiatiques (Chine,Malaisie, Vietnam…) vers un système de dictature matérialiste et libérale où ne règne que la religion de l’argent ; une alternative associant démocratie + solidarité + respect de son environnement + spiritualité orientale. Ce qui peut constituer un exemple pour cette (grosse) partie du monde.

– le choix collectif tibétain de privilégier l’étude de soi, la philosophie, la pratique de l’ésoterisme… est un choix millénaire et le fondement de leur culture. Que notre scepticisme occidental trouve ça curieux (ou réactionnaire!) n’y changera rien : les Tibétains évolueront tout seuls, tranquillement. D’ailleurs, va-t-on dire aux aborigènes que leur croyance en un monde Vrai du Temps du Rêve est une connerie ?

– le Tibétain est écologiste: il respecte son environnement, ses voisins, il se respecte, il choisit un mode de vie simple et durable / son pays subit parmi les pires outrages à l’environnement.

 – le Tibétain est progressiste, à la mode orientale (plus celui en exil que celui opprimé à Lhassa) : il a pris goût à la démocratie, à la liberté, il rêve de créer une société nouvelle pour son pays, il est vraiment tolérant et bien peu conformiste, il est vraiment solidaire…

 

N.B. : rappelons-le, le Dalaï-Lama dit: « j’admire l’énergie et la créativité des Occidentaux, mais je m’inquiète parfois de l’habitude qu’ils ont de penser en termes d’opposition noir-blanc, pour-contre, oubliant l’interdépendance et la relativité des faits, négligeant trop souvent l’inévitable zone grise qui existe entre deux points de vue. »

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Les Tibétains en lutte pour la démocratie

05/02/2004 | Posted in Blog Tibet | By

Interview de Thubten Sampel, Secrétaire aux Affaires Etrangères du Gouvernement Tibétain en exil,

Par Jean-Marc Brûlé et Franck Contat (1996)

C’est dans les montagnes de l’Inde, à Dharamsala, refuge depuis 40 ans du Dalaï-Lama et des Tibétains en exil, que nous avons rencontré Thubten Sampel, Secrétaire aux Affaires Etrangères du Gouvernement Tibétain en exil, pour un entretien instructif sur la lutte et les espoirs du petit peuple du Pays des Neiges.

Où en est le Tibet en 1996, en particulier en ce qui concerne la colonisation chinoise?

Thubten Sampel: La situation est désespérante. Dans les années 80, des contacts pris entre Pékin et le Dalaï-Lama pouvaient laisser espérer une négociation, mais depuis le massacre de Tienanmen, c’est le retour de la répression la plus terrible: le peuple tibétain subit un vrai génocide culturel. Face à 7 millions de Tibétains (Il y a eu 1 million de morts depuis 1949), c’est maintenant 8 millions de colons chinois qui ont envahis le Tibet. Sous-éduqués, mais avides d’argent facile, ils obtiennent tous les emplois, peuvent ouvrir des commerces alors que les boutiques tibétaines se voient fermées par la police. C’est toute la vie qui se transforme: prostitution, karaokés, jeunesse désoeuvrée qui sombre dans l’alcoolisme et perd espoir… Quant à l’éducation, les Chinois envoient l’élite des étudiants à Pékin, afin de leur faire perdre leur culture, mais refusent de construire des écoles au Tibet…

Et la situation écologique?

A 3 ou 4000 m d’altitude, l’air est bien sûr encore pur! Mais pour le reste… La déforestation est très grave: le pouvoir chinois pille nos forêts sans vergogne, mettant en danger tout l’écosystème en Asie, avec la crue des grands fleuves. Déchets nucléaires, essais atomiques au Sinkiang, grands barrages déments comme au Lac Yamdrok: le Tibet est utilisé comme poubelle, tout cela pour une course folle au progrès.

Quels espoirs subsistent alors pour la libération du Tibet?

Tout d’abord, nous ne sommes pas obsédés par l’indépendance. C’est secondaire en rapport au bonheur et à la liberté du peuple tibétain. Si les Chinois contribuaient sincèrement à notre bonheur et respectaient notre culture, ça irait. Maintenant, nous plaçons nos espoirs dans l’évolution de la Chine. Après la mort de Deng Xiao Ping, il y aura lutte pour le pouvoir et peut-être des ouvertures politiques. Peut-être aussi la démocratie arrivera-t-elle avec le développement économique, la modernité… Nous avons de plus de très bons rapports avec la contestation démocratique chinoise qui, depuis Tienanmen, a compris la barbarie du régime et ne croit plus la propagande qui nous faisait passer pour un peuple arriéré et féodal. Quoi qu’il en soit, nous gardons espoir, simplement parce que c’est cela ou la mort.

Et la solidarité internationale?

Ah ça, c’est une vraie source de motivation, c’est ce qui nous permet de tenir depuis des décennies, et encore plus depuis le Prix Nobel du Dalaï-Lama! Elle est d’autant plus nécessaire que notre façon de lutter se fonde sur la non-violence: nous ne vaincrons pas tout seuls, avec des armes, il nous faut convaincre le monde entier de faire pression sur la Chine. Nous devons tant à l’Inde, qui nous a accueillis avec bonté, qui a construit 84 écoles pour Tibétains dans tout le pays, qui a permis à la civilisation tibétaine de survivre et d’évoluer en toute liberté. Tous les voyageurs qui viennent à Dharamsala nous ont beaucoup aidés, soutenant notre cause à travers le monde, faisant vivre notre village, et aussi nous ouvrant sur le monde. Le plus grand soutien populaire vient de l’Allemagne, en particulier grâce à Petra Kelly (ancienne dirigeante des Grünen), de l’Australie, du Brésil, de la Grande-Bretagne…

Qu’est-ce qui peut être fait encore?

Énormément! Mais plus sur le plan politique… En fait, aucun pays ne nous reconnaît officiellement. Les Chinois sont malins: ils tiennent les gouvernements étrangers avec un chantage aux contrats économiques. L’idéal serait une pression concertée de la communauté internationale pour demander aux Chinois de cesser la répression, de respecter la culture tibétaine, de négocier avec le Dalaï-Lama. Déjà, le Bundestag allemand et le US Congress viennent de voter des résolutions pour reconnaître le Gouvernement en exil. Nous espérons aussi que la nouvelle Afrique du Sud nous reconnaisse. Ce serait le premier pays. Enfin, la lutte tibétaine peut servir de modèle d’une libération sur un mode non-violent pour d’autres peuples opprimés!

Quels rapports avec la France? Que répondez-vous à ceux qui, chez nous, vous taxent de féodalisme?

Le Dalaï-Lama a fait un voyage très chaleureux en automne 94 et plusieurs associations nous aident beaucoup. Et je crois savoir qu’il y a un Groupe d’Amitiés Franco-Tibétaines très actif dans votre Parlement.

Pour ce qui est du féodalisme, il est vrai qu’il y avait un peu de servage dans les années 40, mais pas plus qu’en Inde ou en Chine à la même époque! Et surtout, au Tibet, on ne tuait jamais personne, à la différence des deux pays précédents. Notre philosophie nous conduit fondamentalement à être solidaires et respectueux. Depuis, nous avons en plus accédé aux idées de démocratie et de tolérance, bien plus que les malheureux Chinois. Quoi qu’il en soit, j’éprouve de la compassion pour ceux qui se laissent abuser par la propagande chinoise, qui raconte en gros ce que racontaient les colons européens sur les Indiens d’Amérique (Rires!). Ceci dit, et quelle que soit l’idéologie, l’oppression c’est l’oppression et l’on devrait toujours être solidaire de tout peuple opprimé..

Racontez-nous la vie à Dharamsala!

Nous voulons faire vivre ici tout ce qui nous est interdit au Tibet: la libre expression, la paix… Nous avons des élections municipales et nationales, avec vote uninominal, qui se passent sans trop de chamailleries (Rires!). Nous prenons en charge tous les réfugiés qui arrivent, et essayons de donner le plus d’éducation possible aux jeunes, afin de préserver la culture tibétaine mais aussi d’ouvrir sur le monde, les sciences, les autres philosophies (dont le marxisme!). Notre principe de gestion est la solidarité collective, avec la liberté de fonder du petit commerce ou de l’artisanat. Surtout, nous avons essayé de cette ville un petit Tibet, avec le devoir collectif de témoigner de ce qui se passe chez nous.

Quel est votre projet politique pour un Tibet libéré?

Nous voulons créer un sanctuaire de paix, qui servirait de zone-tampon (comme le Costa Rica) dans la région. Nos principes fondateurs sont la non-violence, la solidarité, la liberté et le respect de l’environnement. Dans ce domaine, nos traditions nous poussent à accorder une valeur sacrée à toute chose, toute vie, à voir les interdépendances. Tout cela nous porte plutôt à choisir une économie d’inspiration socialiste, mais avec la liberté d’échanger. Nous voulons aussi installer une démocratie parlementaire, et nous venons d’établir un projet de constitution.

Quelle y serait la place du Dalaï-Lama ?

Il est certain que ce dernier joue actuellement le rôle de leader spirituel et politique de notre peuple, et notre libération lui devra beaucoup. Ceci dit, il a dit lui-même qu’il refusait de jouer un rôle politique dans un Tibet libéré, dans le cadre d’une séparation de la religion et de l’Etat.

Et le bouddhisme tibétain? Pensez-vous qu’il ait sa place dans une société démocratique et moderne?

Vous savez, au-delà d’une religion, c’est surtout une philosophie de vie, qui a constitué l’unité de notre peuple. Le bouddhisme dans la vie de tous les jours permet le développement de la compréhension, de la gentillesse. C’est aussi une philosophie de la libre pensée, de la vérité expérimentée, de la compétition des idées, ce qui permet de mon point de vue un développement réel de la démocratie.

La vie spirituelle pourra, dans un Tibet libéré, s’épanouir, permettant à chacun de réaliser une compréhension de sa psychologie, de ses rapports avec l’Univers. Et cela, c’est moderne, non?

 

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Une rencontre sous le signe de l’écologie !

26/09/2003 | Posted in Blog Tibet | By

Il y a tout juste trois, alors responsables du groupe « Asie » des Verts français avec mon ami Jean-Marc Brûlé, nous organisions une rencontre entre le Dalaï-Lama, de passage à Paris, et Dominique Voynet. Retour sur un moment d’intense émotion, et sur une rencontre très riche.

Par Franck Contat

26 septembre 2000

Aujourd’hui, la ministre de l’environnement Mme Voynetet le représentant de la cause tibétaine ont ainsi abordé aussi bien les problèmes politiques du Tibet que les problèmes écologiques – aux conséquences humaines catastrophiques.

La visite du Dalaï Lama revêt une importance toute particulière pour le CREDDA, en tant que représentant d’un peuple opprimé, et témoin d’un génocide : sur 6 millions de Tibétains, 1 million a été massacré par les Chinois depuis les années 50.

Les Chinois s’emploient, par des transferts massifs de populations, et par l’action conjuguée de la force armée et de lois restrictives, à anéantir la culture tibétaine dans tous ses aspects. Beaucoup des 6000 temples tibétains ont été détruits, certains ayant ensuite été reconstruits dans le seul dessein d’attirer les touristes de passage.

Le bouddhisme, religion dominante au Tibet, a parmi ses principes fondateurs la non-violence. Pour les Occidentaux, il correspond d’ailleurs davantage à une philosophie de la responsabilté et de la conscience, et trouve aussi des correspondances avec le penser global agir local qui imprègne notre pensée écologiste.

La posture politique du Dalaï Lama correspond d’ailleurs à son éthique non-violente, puisqu’il ne réclame pas que le Tibet soit indépendant, mais simplement que son autonomie et son unicité soit reconnues, ce à quoi la Chine s’oppose en exigeant que le Dalaï Lama reconnaise officiellement que le Tibet a toujours été chinois depuis l’an Mil

Dans ce contexte, et vu la sympathie dont jouit le Dalaï Lama en Occident, et l’intérêt croissant des occidentaux pour les philosophies orientales (6000 personnes à Charletty pour entendre le Dalaï Lama), cette rencontre était symboliquement, politiquement et philosophiquement un geste fort.

Le Dalaï Lama a pu exposer à la Ministre la nouvelle tournure prise par l’oppression chinoise au Tibet. Depuis 50 ans, aussi bien à l’extérieur de ses frontières qu’à l’intérieur, la Chine n’a jamais réussi à imposer son autorité morale sur le Tibet. Or de nouveaux tranferts de populations sont prévus pour que 20 millions (!) de Chinois partent s’isntaller au Tibet, et 200 millions (!!) au Xinjiang, vaste région musulmane, dans le cadre d’un gigantesque projet de développement de l’Ouest de la Chine. Des infrastructures énormes devront accueillir toute cette population, notamment un réseau autoroutier au cœur d’une région particulièrement riche et fragile écologiquement. L’équilibre économique des sociétés nomades tibétaines est lui aussi mis en péril par la libéralisation du commerce, notamment du bétail, dans tout l’Ouest de la Chine.

Ainsi c’est toute une culture, tout un peuple, toute une flore et une faune qui sont menacés de mort, par ce que le Dalaï Lama appele « la solution finale ».

Dominique Voynet a rappelé que les déforestations au Tibet sont d’ores et déjà catastrophiques, de même que l’exploitation minière à tout va qui se pratique actuellement dans les rivières tibétaines.

Elle a insisté sur l’importance de la création de liens entre collectivités locales, entre associations, entre citoyens français et tibétains, à travers des jumelages, des rencontres, y compris avec des Chinois eux-mêmes, car c’est au cœur de la Chine, notamment à travers une prise de conscience des intellectuels et des artistes, que peut naître le salut du Tibet.

Il y a urgence, car le bouddhisme est désormais officiellement déclaré ennemi public à éradiquer par tous les moyens. Le risque est grand pour le peuple tibétain, qui a le choix entre l’exil comme 150 000 de ses compatriotes, et l’acculturation. Le risque est encore plus grand en vérité de par l’impact sur la nature tibétaine, car « on peut détruire le mandala une fois qu’il est achevé, pour en recommencer un autre ensuite, mais si l’on détruit le sable, on ne peut plus construire de mandala. »

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Quelles sont les propositions du Dalai Lama ?

12/05/2003 | Posted in Blog Tibet | By

Depuis sa fuite du Tibet en 1959, le Dalai Lama a demandé aux nations unies de mettre à l’ordre du jour la question du Tibet, sur la base de son indépendance avant l’invasion chinoise. Depuis 1980, suite à des propositions de dialogue par Deng Xiaoping, il propose une autonomie réelle du Tibet au sein de la Chine. Les Tibétains auraient la maîtrise de l’éducation, la religion, la culture et l’économie, alors que les relations étrangères et la défense militaire seraient sous la dépendance des autorités chinoises. Il propose de démissionner à son retour au Tibet (il est en effet le chef temporel du Gouvernement en exil tibétain), en faveur d’un gouvernement démocratiquement élu. Cette transition démocratique est fortement préparée au sein de la communauté des Tibétains en exil. Le Parlement est en effet démocratiquement élu et une campagne électorale est d’ailleurs actuellement en cours.

Jusqu’à présent, les autorités chinoises n’ont pas encore accepté d’engager de négociations.

Autonomie, et non indépendance !

Le Dalaï Lama a de nouveau lancé le 19 oct. 1999 à Milan un appel en faveur de l’autonomie du Tibet, tout en soulignant que la « non violence » et la négociation avec Pékin constituaient la seule issue pour résoudre le problème.

« Les Tibétains sont plongés dans la souffrance, et le gouvernement chinois est embarrassé par la situation (…) Mon but est de résoudre le problème par le dialogue », a déclaré le dirigeant spirituel tibétain lors d’une conférence de presse. Il a renouvelé son appel en faveur d’un Tibet autonome, tout en soulignant que « les bonnes relations avec la Chine étaient cruciales ». Mais, a-t-il ajouté, il faut rester « ferme » sur des questions telles que « les droits de l’homme, la démocratie et la liberté ». « Grâce au principe de non violence, de plus en plus de Chinois soutiennent la cause tibétaine ».

 

A l’occasion du Congrès du N.D.P.T. (National Democratic Party of Tibet) : 7/5/00

Le Dalai Lama, après avoir posé quelques questions aux membres présents, leur recommanda de s’orienter vers un système qui se préoccuperait avant tout du bien-être de la population et de rejeter toute forme de capitalisme.

Sa Sainteté s’exprima longuement :

« Le Tibet doit être régi par un système de pure démocratie. Notre actuel gouvernement en exil va d’ailleurs en ce sens, mais une véritable démocratie doit comporter plusieurs partis politiques et des oppositions (…) On m’a récemment rapporté que les Chinois disent que le Dalai Lama se fait vieux et qu’il souffre d’un cancer (rire) et que sa lutte s’arrêtera avec lui… Notre lutte n’est pas basée sur l’action d’une seule génération et je compte bien vivre au-delà des 90 ans ! De mon vivant, des changements devraient s’opérer en Chine, mais si cela n’était toutefois pas le cas, les générations de Tibétains à venir continueront notre action (…)

En Chine, l’économie se développe considérablement et de ce fait les Chinois vont découvrir le sens de la démocratie et ultérieurement la demander. Les dirigeants chinois développent leurs relations avec les gouvernements étrangers pour des raisons économiques et commerciales.

Cependant ils ignorent et rejettent les avertissements et les opinions politiques de ces pays avec lesquels ils traitent des marchés… Cela ils ne pourront le faire bien longtemps ! Notre lutte aura un jour des résultats positifs. Ne vous laissez donc jamais décourager dans votre action ! » (*)

Kunga Tsering, le vice-président du NDPT nouvellement élu, rappelle brièvement le but de son parti :

« Notre action consiste en tout premier lieu à éduquer les Tibétains en leur apprenant les différents systèmes politiques. Notre tâche n’est pas toujours aisée ! Mais les jeunes générations de Tibétains sont fortement intéressées et attirées par un système démocratique et par tout ce qui touche à la politique. Le NDPT est pour l’heure le seul parti politique tibétain; nous espérons en voir naître d’autres dans l’avenir. Lourde est notre responsabilité, car c’est à nous d’établir ce système pluraliste comme nous y convie Sa Sainteté le Dalai Lama… »

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Soutien au peuple tibétain : une cause écolo ?

07/05/2003 | Posted in Blog Tibet | By

Pourquoi abordons-nous la question tibétaine sous l’angle de l’écologie ? Parce que sous divers aspects, les enjeux auxquels est confronté le peuple tibétain, et la manière dont il les aborde, correspondent aux valeurs de l’écologie telle que nous la définissons dans nos pays occidentaux…

En voici quelques exemples…

Méthodes de lutte choisies (la non-violence). Le soutien apporté au Dalaï-Lama par une ministre de la République française devrait conforter cette stratégie.

Intérêt porté aux questions environnementales par les Tibétains. Vivant dans un milieu naturellement fragile, les Tibétains sont culturellement attachés au développement durable ; le bouddhisme, qui impose le respect de toutes formes de vie, a notoirement amplifié ce phénomène. Il se trouve que la colonisation chinoise a pour effet une destruction massive des ressources naturelles, avec des conséquences désastreuses pour l’environnement dans toute la région (citons les dernières crues meurtrières en Chine populaire et au Bengladesh par exemple, qui trouvent leur origine dans la déforestation du plateau tibétain). La conscience écologique des Tibétains s’est ainsi développée, et est devenue au centre de leurs revendications politiques

Formes de soutien en Occident. Le Bureau du Tibet à Paris (ambassade du Dalaï Lama) a refusé toute espèce de soutien venant de l’extrême-droite. Les Comités parlementaires rassemblent des démocrates-chrétiens (UDF), des libéraux (DL), quelques socialistes, et pas du tout de communistes… Les Comités locaux sont très nombreux en France, peu structurés, et rassemblent à la fois des bouddhistes, des personnes attentives aux questions des droits de l’homme, des écologistes…

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Environnement au Tibet : une catastrophe écologique

04/05/2003 | Posted in Blog Tibet | By

L’aggravation des inondations en Chine et au Tibet est une conséquence directe de la déforestation, qui atteint 85% au Tibet !

Alors que nous créons actuellement le CREDDA (Centre de ressources sur le développement durable en Asie), ayons à l’esprit la dramatique catastrophe écologique en cours au Tibet.

 

L’essentiel de la faune et des forêts est détruit; la désertification menace la vie des tibétains, mais également augmente considérablement les risques d’inondation en Inde et en Chine, comme nous avons déjà pu le voir.

En 1950, au moment de l’invasion du Tibet par l’armée chinoise, les forêts recouvraient 10% de la superficie du Tibet (25 millions d’hectares, soit la moitié de la superficie de la France!) Ces forêts étaient essentiellement situées le long des fleuves, souvent sur des pentes à 30%, et s’étalaient sur de vastes étendues inaccessibles, habitats d’une multitude d’espèces animales dont la biodiversité est comparable à celle de la forêt amazonienne. Depuis, des routes ont été construites pour exploiter ces forêts. Des coupes claires ont été réalisées, rayant de la carte totalement certaines forêts. En 1985, la moitié de la surface de la forêt était rasée (1). Selon des informations récentes, la déforestation atteint maintenant 85%. Ainsi, «  des forêts qui absorbaient et retenaient la majorité des précipitations dues à la mousson, ont pour une grande part disparu « , déclarait récemment Lester Brown de l’organisation pour la défense de l’environnement WWI (2). Au rythme où va cette exploitation, la forêt aura totalement disparu dans deux ans! Ce n’est pas seulement la forêt tibétaine qui est en danger de disparition, mais aussi son écosystème. Après de telles coupes claires, la forêt ne peut se reconstituer. D’une part, la couche d’humus du Tibet est mince, car il s’agit d’une région géologiquement récente. De plus, les variations de température entre le jour et la nuit sont très grandes à terrain découvert. Bien évidement, l’érosion finit par emporter l’humus qui n’est plus retenu par les racines, contribuant de ce fait à l’ampleur des inondations en aval. Le taux d’érosion du sol s’élève maintenant à 30% (2). De plus, les prairies sont elles aussi en diminution, du fait de leur utilisation par l’armée chinoise. Les mines d’exploitation à ciel ouvert se sont multipliées pour la recherche d’or, notamment. Ces deux facteurs concourent aussi à la disparition du sol et induisent des pollutions importantes. Nous rappelons que d’autres sources de pollution viennent de déchets nucléaires générés par la Chine ou pris en charge par la Chine pour le compte d’autres pays et déposés sur le plateau tibétain, comme par exemple près du lac Kokonor.

Les conséquences de cette politique de pillage des ressources du Tibet visant un intérêt à court terme sont dramatiques non seulement pour les populations locales, mais aussi pour les régions en aval. Les crues du Yangtsé ont fait déjà probablement plus de 10 000 morts et 250 millions de sans-abri cette année en Chine pour lesquels les risques d’épidémie sont réels. Les mêmes problèmes surviennent pour les autres pays irrigués par les fleuves naissant au Tibet : c’est le cas de l’Inde, du Laos et du Bangladesh. L’AFP rapporte que le gouvernement chinois a admis récemment que la déforestation massive a joué un rôle important dans l’aggravation constante des inondations ces dernières années. Des conséquences plus générales pourraient se faire sentir : les risques de conséquences sur l’économie de la Chine et de l’Inde ne sont pas à négliger, et affecteront bien évidement l’économie mondiale dans son entier.

Quelles solutions apporter à ces catastrophes? La Chine construit actuellement un barrage sur le Yangtsé (barrage des Trois Gorges), et prévoit d’en construire un autre sur le Brahmapoutre (après explosions de charges nucléaires- auxquelles s’oppose à juste titre l’Inde qui recevrait l’eau contaminée…) Ces grands travaux extrêmement coûteux ne résoudront pas le problème à la source dû à la déforestation et à l’érosion massive. En outre, ils entraîneront l’inondation de vastes plaines, priveront de leurs terres des centaines de milliers de chinois, et ne suffiront même pas à contrebalancer l’assèchement des lacs réalisé pour étendre les terres cultivables.

Il y a urgence à arrêter cette surexploitation et à entreprendre une bonne politique de reforestation. Le Vice Président de la Chine, Wen Jiabao vient d’envisager un programme de reforestation dans le bassin du Yangtsé. L’érosion rendra ce travail très difficile. Les Tibétains sont mieux à même de réaliser un tel travail pour préserver leur environnement, car ils ont une longue tradition de respect de la nature. Il ne s’agit pas là seulement de l’influence Bouddhiste du respect de toute vie, mais cela tient aussi à la culture tibétaine. Le développement harmonieux du Tibet et de la Chine passera par l’instauration d’une fédération où chaque partie gagnera à travailler avec l’autre, comme le souhaitent les démocrates chinois et le Dalaï Lama.

En 1987, le Dalaï Lama proposait un plan de Paix en 5 points comme base d’un dialogue avec la Chine. Le 4ème était le suivant : «  La restauration et la protection de l’environnement naturel du Tibet et l’abandon de l’utilisation par la Chine du Tibet comme base de production d’armes nucléaires et de dépôt de déchets nucléaires. «  Les dizaines de milliers de morts dues aux inondations, et les risques pour la santé, l’alimentation et l’économie de millions de chinois sont là pour nous rappeler l’urgence d’une solution juste sur les hauts plateaux tibétains. Une telle solution ne pourra naître que de la négociation, du dialogue et de la compréhension de l’intérêt commun que ne cesse de prôner le Dalaï Lama.

d’après des informations de: (1) «  Environment & Development-Tibet «  Tempa Tsering et Sanjeev Prakash; & (2) « Watersheds of the world: Ecological value and vulnerability » World Watch Institute.

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